Allègre "dégraissait le mamouth", Darcos "transforme le sumo en athlète" !

Publié le par adherente FCPE

Interrogé en septembre dernier sur la semaine de quatre jours Xavier Darcos affirmait : «Ce qui est certain, c’est que les écoliers français ont 936 heures de cours par an, contre une moyenne européenne inférieure à 800. Nos élèves travaillent trop

Le 28 janvier dernier, il déclarait que «l'allègement du volume horaire des élèves permettra ainsi à la France de se rapprocher de la moyenne européenne tout en dégageant un potentiel d'heures qui seront réutilisées pour apporter une aide individualisée en français et en mathématiques pour les élèves qui rencontreraient des difficultés dans l'apprentissage de ces disciplines (...). A cela s'ajouteront des stages de remise à niveau qui seront proposés aux élèves en difficulté pendant les congés scolaires. Ces stages d'une semaine se mettront en place dès les congés de printemps 2008 ainsi que pendant les grandes vacances et seront assurés par des enseignants volontaires payés en heures supplémentaires».


Doit-on comprendre que les enfants rencontrant des difficultés d'apprentissages ont quant à eux besoin de travailler plus (pour gagner plus ?). Ne faut-il pas s'interroger sur les effectifs trops chargés des classes qui empêchent souvent les enseignants de faire appel à des techniques pédagogiques plus personnalisées et de concevoir et d'appliquer de nouvelles méthodes pédagogiques ?


Ne faut-il pas s'interroger sur le déficit perpétuel des Rased chargés (en principe) d'aider régulièrement les enfants en difficulté sur le temps scolaire en dehors de leurs classes individuellement ou en petit groupe ? Ne faut-il pas s'interroger sur la relation évidente et étroite entre l'infrastructure du système scolaire et la qualité de l'enseignement ?

 

Souvenez-vous du nombre de remplaçants qui se sont succedés en début d'année 2006 sur une classe à double niveau : 7 ? 8 ? Souvenez-vous que l'Inspectrice de l'éducation nationale nous avait alors répondu que nous devions nous estimer heureux qu'elle ait assuré "la continuité du service public" !

Jusqu'à quand va-t-on supporter que l'avenir de nos enfants ne soit géré que sur une calculette ? Jusqu'à quand va-t-on accepter que l'on nous manipule pour cautionner l'idée que les enseignants devraient - eux aussi - travailler plus pour gagner plus ?  Jusqu'à quand va-t-on nous faire croire que la morale à l'école est une panacée susceptible de résoudre les problèmes de discipline ?


Selon «Le club par l’École», association rassemblant d’anciens directeurs au ministère de l’Éducation nationale, qui ont servi sous des gouvernements issus de majorités différentes, l’annonce de la suppression des classes du samedi matin à l’école primaire surprend et inquiète.  (...)
Pourquoi ce pronostic pessimiste ? Tout simplement parce que les pressions pour la suppression pure et simple risquent d’être considérables, notamment de la part des organisations syndicales. Les précédents vont d’ail­leurs dans ce sens : en 1969, Edgar Faure supprime les classes du samedi après-midi, trois heures qui seront consacrées à la formation continue des instituteurs – qui n’eut jamais lieu dans ce créneau horaire !
En 1991, on ôte une heure d’enseignement pour la destiner aux réunions des maîtres : aucun bilan sérieux n’en a été tiré ni ne permet d’affirmer qu’elle subsiste partout ! Cette baisse continue des horaires des élèves est-elle sans incidence sur leurs résultats ? En moins de quarante ans, ce seront six heures hebdomadaires d’enseignement qui auront disparu (soit 216 heures par an), ce qui équivaut à supprimer l’équivalent d’une année scolaire du parcours d’un élève du primaire…
au moment où le Haut Conseil de l’éducation s’inquiète des mauvais résultats de nos écoliers : 15 % en grave difficulté à la fin de l’école primaire, au total 40 % sans le bagage nécessaire. Est-ce bien opportun de réduire à nouveau la durée du travail des élèves ? Et n’est-ce pas justement ces élèves-là qui risquent de pâtir en premier du «moins de classe» ?
Il est en effet difficile de laisser croire qu’il est plus efficace d’enseigner hors du temps scolaire que pendant les heures de classe. Si la prise en charge des enfants en dehors du temps ré­glementaire s’est heureusement développée à l’initiative des communes et des associations, elle ne saurait se substituer au travail de nos maîtres qualifiés. Par conséquent, la vraie question est celle de l’utilisation des heures dégagées par la suppression du samedi matin. Quelles utilisations le ministre va-t-il imposer, dans l’intérêt des élèves ? Du soutien aux élèves en difficultés ? D’après les récentes déclarations du ministre, c’est à juste titre la solution privilégiée à l’heure actuelle.
Mais, outre les grandes différences entre écoles sur ce point, on voit les difficultés quant à organiser du soutien le soir au terme d’une journée scolaire unanimement décrite comme déjà longue.Il faut aussi craindre que dans de nombreux cas on ne trouve pas de «mauvais élèves» et les heures libérées seront donc définitivement perdues (...).

Le Figaro, 13/11/2007

Darcos : faire de l'école "un athlète, plus un sumo"

NOUVELOBS.COM | 09.02.2008 | 21:27


Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos

(c) Reuters

Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a jugé dimanche 28 octobre qu'il fallait faire de l'école "un athlète et non plus un sumo", souhaitant un recentrage des programmes en primaire pour se concentrer sur la maîtrise de la langue. Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, il a par ailleurs confirmé la suppression des cours le samedi dans les écoles primaires à la rentrée prochaine et au collège dès l'année suivante.
"Ce que nous voulons, c'est l'école primaire tout de suite et le collège le plus vite possible", c'est-à-dire à la rentrée 2009. S'il s'est défendu d'avoir un tel projet pour le lycée, le ministre a jugé "souhaitable" pour les familles que la suppression des cours le samedi concerne l'ensemble du système scolaire. "Pour les familles, c'est ce qui est souhaitable", a-t-il dit, jugeant que la mesure n'était "pas impossible à prendre au lycée".

Elèves en difficulté


"Les deux heures que nous avons libérées pour les élèves, les professeurs, eux, les ont toujours dans leurs obligations de service et les consacreront à ces élèves en plus grande difficulté", a-t-il par ailleurs précisé. "Ces cours de rattrappage se feront dans l'organisation de la semaine qui sera de quatre jours ou quatre jours et demi", selon le ministre qui a dit croire "plus pratique" la semaine de quatre jours.
En outre, pour les élèves en difficulté en fin de primaire "il faut qu'on puisse leur proposer un stage, des stages, pendant les vacances, pendant le début de l'été, pendant les vacances de printemps pour les aider à se remettre à flot de sorte que lorsqu'ils rentreront en sixième, ils soient capables de profiter de l'enseignement du collège. Sinon, ce n'est pas la peine d'y aller".

Lecture/écriture


Interrogé sur l'illettrisme en France, Xavier Darcos a annoncé qu'une étude internationale sur les capacités des enfants de neuf-dix ans en lecture et écriture, dont les résultats seront révélés selon lui dans les prochaines semaines, montrait qu'"en 2006 encore nous avons perdu des places". "Aujourd'hui, sur 40 pays, nous sommes dans les six derniers. Même la Bulgarie est devant nous", a-t-il déploré.
"Il faut que dans les objectifs de l'école primaire que nous centrions sur l'écriture, la lecture, le français. Sans maîtrise de la langue, nous ne ferons rien", a-t-il plaidé. "On se disperse beaucoup, il faut qu'on se concentre. Il faut faire de l'école un athlète et non plus un sumo. Il faut renoncer à cette manie qu'a l'école de s'occuper un peu de tout". (AP)

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Publié dans L'humeur du webmaster

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