Opposition de la FCPE à mesures décidées par le gouvernement pour assouplir la carte scolaire et la sectorisation des collèges et les lycées

Publié le par Délégués 2006-2007

SECTORISATION ET CARTE SCOLAIRE : ATTENTION DANGER


Communiqué des Conseils Départementaux FCPE

de l'Académie de Créteil


Créteil, le 5 juin 2007


Aujourd'hui, Monsieur le Recteur, en présence des Inspecteurs d'Académie de Seine et Marne et de Seine-Saint-Denis, a présenté aux fédérations de parents d'élèves les mesures décidées par le gouvernement pour assouplir la carte scolaire et la sectorisation des collèges et les lycées menant, à terme, à sa suppression.


Les représentants de la FCPE de Seine et Marne, de Seine-Saint-Denis, et du Val de Marne, ont dit leur opposition à ces nouvelles directives et ont exprimé leur grande inquiétude.

 

La précipitation de mise en place de ces mesures, sans aucune concertation préalable, ressemble plus à une mesure électoraliste qu'à une réelle volonté d'améliorer le fonctionnement du service public d'Education Nationale. Il s'agit de poudre aux yeux lancée aux parents en leur faisant croire qu'ils seront entièrement libres de choisir l'établissement de leurs enfants, mais aussi que l'amélioration de la scolarité et de la réussite de leurs enfants passe avant tout par un évitement scolaire légalisé.

C'est avoir une bien piètre opinion des équipes pédagogiques qui travaillent dans les établissements de France.


Si le gouvernement avait réellement voulu répondre à l'attente des familles, il aurait dû, avant tout, remettre en place les moyens supprimés années après années pour permettre la réussite de tous et commencer, par exemple, par la création d'un vrai service de remplacement des professeurs absents. Tous ceux qui connaissent le fonctionnement de l'Ecole public savent que c'est l'une des principales revendications des parents.


La FCPE refuse de cautionner ces mesures qui n'ont pour seule volonté que de libéraliser le service public National d'Education et d'accentuer encore une école à deux vitesses. Il y aura maintenant, plus que jamais et de manière légale, le parcours scolaire de « ceux qui savent » et celui de « ceux qui subissent ».


La FCPE réaffirme que, même si la sectorisation n'était pas la panacée pour une entière mixité sociale, son respect par tous aurait permis un réel traitement d'égalité. Il ne s'agit pas pour nous parents de supprimer cette mesure, mais de la faire respecter strictement tout en mettant en place une vraie politique sociale de la ville et de ses quartiers.


Les parents d'élèves de la FCPE de l'Académie de Créteil demandent solennellement à Monsieur le Président de la République de revenir sur cette décision et de mettre tous les partenaires de l'Ecole autour d'une table.

La FCPE refuse que l'on joue à l'apprenti sorcier avec l'avenir nos enfants et des jeunes de ce pays.

Le gouvernement a ouvert la boite de Pandore, il s'agit de la refermer rapidement.

 

la FCPE 77, la FCPE 93, la FCPE 94


 

Pour comprendre ce qui est en jeu

1) Qu'est-ce que la sectorisation à l'école ?

Dans le 1er degré : école maternelle et élémentaire

L'affectation d'un élève dans une école maternelle ou une école élémentaire relevant de l'enseignement public obéit à la sectorisation scolaire : les élèves sont scolarisés dans l'établissement scolaire correspondant à leur lieu de résidence.

Certaines communes possédant plusieurs écoles maternelles et élémentaires établissent une sectorisation scolaire, c'est-à-dire que le territoire communal est découpé de telle sorte que les habitants d'un secteur doivent scolariser leurs enfants dans l'école de ce secteur. C'est une décision de la mairie : celle-ci définit les différents secteurs, affecte les élèves et traite les éventuelles demandes de dérogation relatives à la sectorisation.

Une dérogation à la sectorisation scolaire peut être accordée, à titre exceptionnel, par la mairie de la commune. Elle permet à un enfant d'être admis dans une école maternelle ou élémentaire qui n'est pas celle correspondant à son lieu d'habitation.

La sectorisation scolaire au collège.
La sectorisation scolaire au collège :
L’affectation en collège se fait en fonction de la sectorisation scolaire. Mise en place en 1963, elle correspond à une planification de la scolarisation et à une programmation des équipements scolaires.

La sectorisation scolaire est fixée par l'académie qui, en relation avec les conseils généraux, détermine aussi le nombre d'élèves maximum pouvant être accueillis dans chaque établissement en fonction des installations et des moyens dont elle dispose. Son application doit assurer la mixité sociale. L'affectation des élèves se fait essentiellement selon un critère de proximité géographique, mais d'autres critères comme le choix de la langue vivante peuvent être pris en compte.
La sectorisation scolaire au lycée.
La sectorisation scolaire au lycée :
L’affectation en lycée d’enseignement général se fait en fonction de la sectorisation scolaire.

Mise en place en 1963, elle correspond à une planification de la scolarisation et à une programmation des équipements scolaires. La sectorisation scolaire est fixée par l'académie qui, en relation avec les conseils régionaux, détermine aussi le nombre d'élèves maximum pouvant être accueillis dans chaque établissement en fonction des installations et des moyens dont elle dispose. Son application doit assurer la mixité sociale. L'affectation des élèves se fait essentiellement selon un critère de proximité géographique, mais d'autres critères comme le choix de la langue vivante peuvent être pris en compte.

2) Que veut changer le gouvernement ?
Xavier Darcos assouplit la carte scolaire - Information 04/06/2007

À la rentrée 2007, une liberté nouvelle est donnée aux familles dans le choix du collège ou du lycée de leur enfant

La carte scolaire - c'est-à-dire l'affectation d'un élève dans un collège ou un lycée correspondant à son lieu de résidence - a été créée il y a plus de quarante ans, pour une École qui n'a plus rien à voir avec celle d'aujourd'hui. Régulièrement contournée, elle n'assure plus l'égalité des chances et ne répond plus aux attentes des familles. C'est pourquoi, Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, a souhaité instaurer une règle plus claire, qui s'imposera de la même façon à toutes les familles : dès la rentrée 2007, davantage d'élèves pourront s'inscrire dans un établissement hors de leur secteur, dans la limite des places disponibles. Il s'agit de donner une liberté nouvelle aux familles tout en renforçant la diversité sociale et géographique au niveau de chaque établissement.

Bien évidemment, cet assouplissement ne modifie en rien le droit pour une famille d'inscrire son enfant dans l'établissement de son secteur

Cette mesure s'applique aux collèges et aux lycées qui pourront accueillir des élèves ne relevant pas de leur secteur dans la limite des places disponibles dans les établissement.

Sont prioritaires pour intégrer un établissement hors du secteur initial de rattachement :

  • les élèves souffrant d'un handicap ;
  • les élèves boursiers au mérite ;
  • les élèves boursiers sur critères sociaux ;
  • les élèves nécessitant une prise en charge médicale importante à proximité de l'établissement demandé ;
  • les élèves qui doivent suivre un parcours scolaire particulier ;
  • les élèves dont un frère ou une sœur est déjà scolarisé(e) dans l'établissement souhaité ;
  • les élèves dont le domicile est situé en limite de secteur et proche de l'établissement souhaité.
3) Où est le danger ?
C’est à Montpellier que près de 800 délégués de la FCPE se sont réunis pour le 61e congrès annuel, les 26, 27 et 28 mai, week-end de Pentecôte. Dans son discours d’ouverture, Faride Hamana, président de la fédération, a fait part de ses craintes face aux annonces du nouveau ministre de l’Éducation, Xavier Darcos qui avait fait le déplacement, samedi. « Elle est un outil qui relève de la compétence des municipalités et des conseils généraux et qui doit notamment servir à faire vivre la mixité sociale. Nous ne voulons pas que les familles soient leurrées par une fausse promesse de choix », a déclaré Faride Hamana, avant de demander à Xavier Darcors, comment fera-t-il pour arbitrer dans les établissements toutes les demandes excédentaires eu égard aux capacités d’accueil ? « Comment va-t-il gérer les établissements que les parents cherchent à fuir ? »
Pour conclure, Faride Hamana a demandé au ministre qu’une « véritable concertation ait lieu avec l’ensemble des acteurs concernés : administration, politiques, représentants des parents d’élèves ».

Quid du financement de la scolarité des élèves inscrits dans une école hors de leur commune ?

Contribution des communes de résidence aux frais de scolarisation des enfants fréquentant une école privée sous contrat d'une autre commune :

L'article 89 de la loi de décentralisation du 13 août 2004 rend obligatoire la contribution des communes de résidence aux frais de scolarisation des enfants fréquentant une école privée sous contrat d'une autre commune.

Depuis deux ans nous sommes mobilisés contre cette disposition au sein du CNAL (Comité National d'Action Laïque) qui a déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour demander l'annulation de la circulaire d'application de cet article (circulaire n° 2005-206 du 2 décembre 2005) signée conjointement par le ministère de l'Education nationale et de l'Intérieur.

Petit rappel sur les obligations de financement

S’agissant des écoles publiques, la participation de la commune de résidence, pour un élève scolarisé hors de son territoire dans une école publique, n’est obligatoire qu’en l’absence de places disponibles dans l’(les) école(s) de la commune et dans les cas de dérogation liés aux motifs suivants :
- obligations professionnelles des parents,
- fratrie dans un établissement de la commune d’accueil,
- raisons médicales.

Ces cas de dérogation figurent dans un alinéa de l’article L. 212-8 du Code de l’Education que la loi ne rend pas applicable à l’enseignement privé. Il en résulte que, pour les écoles privées, quel que soit le cas de figure, la commune de résidence est contrainte de participer financièrement et sans que le maire ait la moindre possibilité de donner son avis.

Augmentation importante des coûts de scolarisation :

L’article 89 plafonne la contribution par élève du privé à hauteur de celle du public.
Cependant, la circulaire d’application de décembre 2005 étend considérablement la liste des dépenses obligatoires par rapport à la circulaire du 13 mars 1985 jusqu’à lors en vigueur. S’ajoutent ainsi :
- l’entretien des locaux liés aux activités d’enseignement, ce qui inclut outre la classe et ses accessoires, les aires de récréation, les locaux sportifs, culturels ou administratifs… ;
- l’ensemble des dépenses de fonctionnement des locaux désignés ci-dessus telles que chauffage, eau, électricité, nettoyage, produits d’entretien ménager, fournitures de petit équipement, autres matières et fournitures, fournitures pour l’entretien des bâtiments, contrats de maintenance, assurances... ;
- l’entretien et, s’il y a lieu, le remplacement du mobilier scolaire et du matériel collectif d’enseignement ;
- la location et la maintenance de matériels informatiques pédagogiques ainsi que les frais de connexion et d’utilisation de réseaux afférents ;
- les dépenses de contrôle technique réglementaire ;
- les fournitures scolaires, les dépenses pédagogiques et administratives nécessaires au fonctionnement des écoles publiques ;
- la rémunération des agents territoriaux de service des écoles maternelles ;
- la rémunération des intervenants extérieurs, recrutés par la commune, chargés d’assister les enseignants pendant les heures d’enseignement prévues dans les programmes officiels de l’éducation nationale ;
- la quote-part des services généraux de l’administration communale ou intercommunale nécessaire au fonctionnement des écoles publiques ;
- le coût des transports pour emmener les élèves de leur école aux différents sites pour les activités scolaires (piscine, gymnase, ...) ainsi que le coût d’utilisation de ces équipements.
L’association des maires de France (AMF) s’inquiète des conséquences financières liées à cette liste des dépenses qui pourraient, « aux dires de l’enseignement catholique, accroître de 50% le montant des participations des communes. » (lettre du président de l’AMF aux ministres de l’Education nationale et de l’Intérieur en date du 28 février 2006).
Outre l’augmentation due à l’extension de la liste des dépenses, les coûts de scolarisation seront d’autant plus difficiles à anticiper pour les communes qu’ils seront largement dépendants de la volonté exclusive des familles et des fluctuations éventuelles de leurs choix d’une année sur l’autre.
Depuis 1886, la loi Goblet interdit les subventions d’investissement pour les écoles primaires privées hormis l’assouplissement introduit pour l’équipement informatique. Cherche-t-on insidieusement à remettre en cause cette loi ?
Tensions public-privé
La circulaire instaure une disparité de traitement entre l’enseignement public et les écoles privées au détriment du premier. A situation identique - scolarisation hors de la commune de résidence -, la participation financière de la commune est obligatoire pour les écoles privées et facultative pour les écoles publiques, sauf accord du maire.
Le maire et le conseil municipal n’ayant pas la maîtrise de l’organisation scolaire locale (pas d’autorisation à donner), les écoles privées pourront exercer une concurrence déloyale à l’encontre de l’enseignement public et réduire à néant les efforts engagés par les élus, souvent depuis longtemps, pour maintenir en milieu rural les écoles publiques.
Lors d’une intervention devant les préfets le 29 mai 2006, le ministre de l’Intérieur précise que lorsqu’un accord sur les répartitions des dépenses de fonctionnement entre commune d’accueil et commune de résidence n’a pu être trouvé, il convient d’appliquer la procédure de résolution des conflits sur le modèle de celle qui existe pour les écoles publiques.
Dans les cas où cette procédure doit être mise en œuvre, deux situations se présentent :
1. Si la commune de résidence n’a pas de capacités d’accueil, il appartient au maire de déterminer la contribution après avis du CDEN en tenant compte des ressources, du nombre d’élèves concernés, du coût moyen par élève. Or cette consultation est réglementairement impossible car le financement des écoles privées ne fait pas partie des compétences du CDEN.

2. Lorsque la commune dispose de capacités d’accueil dans ses établissements, l’AMF et l’enseignement catholique sont convenus de s’en remettre au conseil d’Etat. Mais dans l’attente de la décision, il est préconisé que la participation de la commune s’applique dans les mêmes conditions que pour les écoles publiques.
Pour le CNAL, l’intervention du ministre de l’Intérieur ajoute davantage à la confusion car il semble pour le moins paradoxal de s’en remettre à la décision future du conseil d’Etat pour régler les litiges actuels et d’inciter en attendant l’application de l’article 89 dans des conditions que la loi ne prévoit pas.

Parité :
Le ministre de l’Education nationale se réfère dans ses réponses à un principe de parité entre l’enseignement public et les établissements privés. Or, il ne peut y avoir de parité entre l’enseignement public et les établissements privés alors que les règles d’inscription sont différentes, que l’obligation d’accueillir n’est pas la même, que la loi sur le port de signe religieux ne s’applique pas dans les écoles privés.


L’article 89 a du plomb dans l’aile ! - 5 juin 2007 :

Le Conseil d’Etat vient d'annuler dans son arrêt du 4 juin 2007 la circulaire d’application de l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Cette décision du Conseil d’Etat pose donc la question des modalités d’application de l’article 89. Elle pose aussi la question de la constitutionnalité de ce même article.
La FCPE demande l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004.

 
La FCPE, membre du CNAL (Comité national d’action laïque), se félicite de l’annulation par le Conseil d’Etat, dans son arrêt du 4 juin 2007, de la circulaire d’application de l’article 89 de la loi du 13 août 2004.

Le Conseil d’Etat reconnaît l’intérêt à agir des organisations constitutives du CNAL. En revanche, il se refuse à répondre au fond, en se limitant uniquement à une question de forme : l’incompétence des directeurs de cabinet des ministres concernés (Education nationale et Intérieur) à signer la circulaire.
Au-delà de cette question de forme, le Conseil d’Etat juge recevable la requête de la ville de Clermont-Ferrand contre cette même circulaire, car ses dispositions sont "susceptibles d'entraîner pour elle des dépenses nouvelles". Cela conforte la position des municipalités qui se refusaient à appliquer ce texte. En effet, les communes sont fondées à refuser de financer des établissements privés situés en dehors de leur territoire.
Cette décision du Conseil d’Etat pose donc la question des modalités d’application de l’article 89. Elle pose aussi la question de la constitutionnalité de ce même article.
La FCPE demande l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004.


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Publié dans fcpesevigne

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