Coup de chapeau à un projet d'école original : un géant chez les élèves d'une école maternelle parisienne

Publié le par Délégués 2006-2007

Isoré : un projet d'école GEANT !

 

Coup de chapeau au projet d'école de la maternelle de la Tombe-Issoire à l'initiative de sa directrice, Jany Loriot et de son équipe enseignante. Depuis deux ans, l'école travaille sur la légende du Géant Isore (Issoire - Isore...).


Le Géant Isoré vient de prendre place sur la façade de l'école maternelle de la rue de la Tombe-Issoire. Haut de 8m50, il est probable que ce timide géant fasse beaucoup parler de lui.

Cette initiative est née du projet d'école de la maternelle de la Tombe-Issoire à l'initiative de sa directrice, Jany Loriot et son équipe enseignante. Depuis plus de deux ans, l'école travaille sur la légende du Géant Isore. Ainsi, les élèves ont imaginé ce géant. C'est ensuite que l'école a fait appel à une artiste du quartier,
Corinne Béoust, pour réaliser la sculpture.

Ce projet un peu fou a pû aboutir grâce au soutien de la Mairie du 14e et au concours financier des trois Conseils de quartiers (Porte d'Orléans-Jean Moulin, Montsouris et Mouton-Duvernet). Le géant installé le 28 avril 2007 restera là au moins 6 mois et pourra être déplacé sur d'autres bâtiments publics. C'est en tous les cas une manière originale de créer de l'animation et du lien dans ce quartier.


Isoré à l'école :
un projet d'école fédérateur et très motivant

Le mardi 7 novembre, est arrivée dans la boîte aux lettres de l’école une enveloppe GÉANTE…
Tous les élèves de l’école ont été invités à découvrir la lettre qu’elle contenait.
Celle-ci émanait d’un géant nommé Isoré… qui aurait donné son nom à la rue de la Tombe Issoire.

Un projet multidirectionnel sur les géants est alors engagé. D’une part avec le partenariat de Paris-lecture qui aide l’école grâce à un appui logistique et pédagogique, une étude du monde des géants à travers la littérature de jeunesse sera menée par tous les élèves. Lectures et relectures seront au cœur des travaux des classes.

D’autre part, l’accrochage d’un géant sur la façade de l’école, faisant suite à une fresque ornant les murs de la cour, donnera lieu à une approche des géants qui fera parler, écrire, dessiner, fabriquer, comparer, classer… qui fera travailler les élèves dans tous les domaines d’apprentissage.

Par ailleurs, les parents d’élèves, les grands frères, grandes sœurs, nounous et baby sitters ont déjà commencé à écrire sur un "kakémono" (tissu à suspendre) tout ce que leur évoquait le mot géant. Cela va déjà de Gulliver à Gargantua en passant par… bottes rouges.
Des discussions s’engageront pour reconnaître à coup sûr un géant si d’aventure on en croise un. Car, des études comparatives affinées entre les géants des livres, les géants des parents, le géant Isoré et les géants à créer vont être menées à pas de…


Pendant huit semaines, sur l’école de la Tombe Issoire le géant Isoré a soufflé sur les structures habituelles des classes, pour y instaurer un joyeux décloisonnement. Des ateliers de toutes sortes ont vu le jour, pour le plus grand bénéfice du géant, qui s’est vu fabriquer gants, couverts, une boîte aux lettres, des sculptures à son effigie… mais surtout pour le plus grand bénéfice des élèves qui se sont exprimés dans des ateliers de langage, d’écoute et de prise de sons, d’arts plastiques et visuels et, bien sûr, de lecture et d’écriture.

Toutes les bonnes volontés ont été mises à contribution, y compris celle de Fabienne Rousseau, enseignante à Paris-lecture, qui est intervenue auprès de tous les élèves de l’école pour leur faire rencontrer les géants de littérature.
La Bécédiste, l’EVS, l’enseignante « berceau PE2 » ont aussi mis la main à la pâte à géant.

Par ailleurs, les deux classes de Grande Section ont eu la chance de partir une semaine au pays de Rabelais, où, dans la douceur angevine, elles ont réalisé et rapporté un vrai livre.

Des réalisations sont déjà exposées sur les murs de l’école, d’autres sont encore en cours, mais les plus attendues, sont celles qui n’ont pas encore commencé, les élèves vont inventer une histoire commune « la rencontre d’Isoré avec un animal extraordinaire de compagnie »

Citons les travaux de Paul Harris, professeur de psychologie à l’Université d’Harvard, lors du forum Retz ayant pour thème l’imagination :

[…] « Il pose à des enfants de 4 ans un problème : « Tous les poissons vivent dans les arbres, Tot est un poisson. Tot vit-il dans l’eau ? " , qui permet d’imaginer une réponse logique (la bonne réponse en l’occurrence !) ou empirique : « il vit dans l’eau parce que les poissons vivent dans l’eau ». Or, le chercheur montre que les réponses dépendent largement des conditions de passation : plus celles-ci sont neutres, plus les enfants se réfèrent uniquement à leur expérience concrète (80% de réponses erronées « les poissons vivent dans l’eau »). Au contraire, si on leur indique qu’on est bien dans un monde imaginaire, ou qu’on prend un ton de « raconteur d’histoires », les enfants acceptent alors presque unanimement d’entrer dans l’univers imaginaire, et répondent au contraire que les poissons peuvent habiter dans les arbres… Plus de la moitié arrivent même à le justifier par l’énoncé de l’histoire… »
Extrait de "l’expresso du 8 mars" du café pédagogique.

L’imagination, qui est une aide fondamentale à la construction
de la personnalité et de l’intelligence, se travaille donc. Et c’est ce à quoi s’emploient les enseignantes de l’école de la Tombe Issoire.

Pour terminer sur une note de « vivre ensemble », ajoutons que pour synthétiser toutes les réflexions des élèves, c’est un conseil d’élèves qui sera représentant et porte parole de toute l’école.

Gageons qu’avec l’expérience déjà acquise, ce futur album ne pourra être que… GÉANT !


J’étais autrefois le Géant Isoré.
Avec le temps, mon nom est devenu « Issoire » et il a été donné à cette rue,
Tombe-Issoire, où je disparus, jadis, par les carrières souterraines.
Une école maternelle y a poussé depuis.
Les enfants m’ont écrit, dans ma retraite fleurie, et ils m’ont invité à revenir près d’eux.
Tant de choses ont changé...

Je regarde les bonnes gens, les bonnes gens qui passent, là... là... les merveilleux vivants.

 

 

 

Rue de la Tombe-Issoire

Le nom de la rue proviendrait d’un géant appelé Isouard, Isoré, Isoire ou Issoire qui détroussait les voyageurs sur la route d’Orléans. Ce géant fut attrapé et tué par Guillaume d'Orange ou Guillaume de Gellone. Guillaume ne put emporter le corps de ce géant trop encombrant et lui coupa la tête. Le corps restant fut enterré sur place.

« Roi Isoré tint la hace tranchante,

Vers dant Guillaume est venus tost corant,

Férir le guide sour son hiaume luisant

Li quens se haste si le ferir avant

Le col li trence aussi con qu'un enfant

Puis prend la teste à tout l'elme luisant

Ainc n'en veut plus porter ne tant se quand

Le corps laissa a terre tout sanglotant »

Le parc Montsouris présente un panneau retraçant cette légende.

Mais le fief des tombes doit plus vraisemblablement ce nom à une famille Isore ou Isoire encore connue au XVIe siècle et demeurant place Maubert.

Publicité

Publié dans L'humeur du webmaster

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article